250 milliards par an : la plus grande erreur d’allocation de capital de l’histoire européenne
- Stéphanie Rognon

- il y a 2 jours
- 2 min de lecture

Les femmes entrepreneures : sous-financées, surperformantes, et ignorées
C’est ce que l’Europe laisse sur la table en ne finançant pas les femmes entrepreneures à la hauteur de leur potentiel. Frontier Economics, (le genre de cabinet qu’on ne soupçonne pas de féminisme débridé), appelle ça une projection économique. Dans le monde de l’investissement, on appelle ça une erreur d’allocation. On explique :
En France, la répartition du capital-risque :
Équipes 100 % féminines : 2 % des financements contre 86% pour les équipes masculines
15 % des PME/ETI dirigées par des femmes, mais seulement 4 % des entreprises financées par des fonds. L’entonnoir ne se resserre pas. Il se ferme.
Les start-ups féminines sont 3,4 fois moins valorisées et les équipes 100 % féminines 4,3 fois moins bien financées : un ratio qui s’est dégradé depuis 2019 où l’écart n’était déjà « que » de 2,4. On ne stagne même pas. On recule.
En Europe : seulement 8,1 % des levées de fonds impliquaient des femmes cofondatrices en 2020-2021.
Le récit dominant sur le sujet est confortable
Les femmes manqueraient de confiance, sous-évalueraient leurs besoins, éviteraient le risque. Leur problème, en quelque sorte.
85 % des décideurs des fonds d’investissement sont des hommes. Harvard l’a démontré par scanner cérébral : on finance naturellement ce qui nous ressemble. Columbia Business School l’a précisé : lors des pitchs, les investisseurs interrogent les femmes sur les risques, les hommes sur les opportunités. Une femme assertive est perçue comme agressive. Un homme assertif est un leader.
Mais le biais cognitif n’est que la partie visible. Derrière, il y a le biais structurel et au moins 4 réalités que les chiffres ne racontent pas toujours : les deals se nouent par cooptation dans des cercles construits sans les femmes depuis des décennies ; le capital-risque surfinance la tech au détriment de la santé et de l’impact social, là où les femmes sont majoritaires ; les grilles d’évaluation des fonds récompensent la croissance agressive et pénalisent les modèles résilients ; et les levées de fonds se font entre 30 et 40 ans, exactement quand la charge familiale pèse encore majoritairement sur les femmes.

Le paradoxe qui devrait mettre tout le monde mal à l’aise : plus résilientes, plus rentables, et sous-financées
2,5× plus de revenus par euro investi pour les startups féminines (BCG)
+30 % de retour sur capital pour les startups mixtes lors des rachats/IPO
93 % de taux de maintien après 3 ans pour les entrepreneures accompagnées, contre 75 % en moyenne nationale (INSEE / France Active)
250 milliards de VAB annuelle manquante à l’horizon 2040 si la parité entrepreneuriale n’est pas atteinte (Frontier Economics)
En termes purement financiers, sous-financer les entreprises dirigées par des femmes n’est pas une position neutre. C’est laisser de la performance sur la table.
Et à l’échelle européenne, cette performance manquante se chiffre à 250 milliards d’euros de valeur ajoutée brute par an à l’horizon 2040, avec une hausse de productivité comprise entre 1,6 % et 5,5 % selon les pays.
250 milliards...
Le financement participatif ne fonctionne pas sur la cooptation. Il ne sélectionne pas à partir d’un réseau d’anciens. Il évalue un projet, un modèle économique, une capacité à convaincre, et le soumet à une communauté d’investisseurs diversifiée, sans filtre de genre à l’entrée.

Pour en savoir plus et découvrir notre approche : hi@humanforimpact.com



